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Secrétariat à la réforme des institutions démocratiques et à l'accès à l'information
Consultation du Directeur général des élections du Québec et des parlementaires sur des changements à l'avant-projet de loiDéclaration ministérielle du ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, de la Francophonie canadienne, de l'Accord sur le commerce intérieur, de la Réforme des institutions démocratiques et de l'Accès à l'informationMonsieur Benoît PelletierAssemblée nationale (la version lue fait foi) Monsieur le Président, Dans la foulée de la Commission spéciale sur la Loi électorale qui a terminé ses travaux à la fin de mai dernier, nous avons adopté, à l’unanimité, un important projet de loi permettant d’introduire de nombreuses mesures facilitant l’exercice du droit de vote. Nous avons ainsi mené à terme l’un des trois grands axes de la réforme de nos institutions démocratiques. Au sujet du deuxième axe, la réforme parlementaire, les travaux se poursuivent au sein de la Sous-commission de la réforme parlementaire. Quant au troisième axe, l’introduction d’un nouveau mode de scrutin, les travaux de la Commission ont permis de confirmer qu’il existe un très large consensus en faveur d’un changement de mode de scrutin afin d’assurer une meilleure et plus juste représentativité de l’Assemblée nationale. Le comité citoyen, les parlementaires de la Commission ainsi qu’une majorité d’intervenants ont ainsi reconnu qu’un système proportionnel mixte constituait la solution de remplacement à privilégier. Il s’agit d’acquis dont nous pouvons maintenant nous réjouir. Toutefois, malgré ces appuis de principe, la Commission n’a pas été en mesure de dégager un consensus au regard des modalités précises d’un éventuel système proportionnel mixte. Les conclusions des parlementaires, l’opinion des nombreux groupes et citoyens qui se sont présentés devant la Commission ainsi que les consultations ponctuelles qui j’ai poursuivies depuis, en particulier auprès des municipalités et des régions du Québec, m’obligent à constater que certaines modalités nécessitent une réflexion plus approfondie. Lorsque le premier ministre du Québec m’a confié la responsabilité du dossier de la réforme des institutions démocratiques, je m’étais fixé comme objectif de rechercher le plus large consensus possible. C’est toujours le cas aujourd’hui. Monsieur le Président, lorsqu’on s’apprête à moderniser un système par lequel les Québécois élisent leurs représentants depuis plus de 200 ans, on ne peut qu’être habité par un sentiment de prudence et de respect à l’égard des inquiétudes et des volontés exprimées face aux changements envisagés. Ainsi, je suis en mesure aujourd’hui d’indiquer à l’Assemblée nationale les constats tirés des consultations tenues au cours des derniers mois, non seulement au sein de la Commission spéciale sur la Loi électorale, mais également auprès d’autres parties directement intéressées par ce dossier comme les femmes, les jeunes, les groupes de promotion des questions reliées à la démocratie, les parlementaires ou les régions.
Il paraît donc évident que certains changements devront être apportés aux modalités du scrutin proportionnel mixte définies dans l’avant-projet de loi, afin que l’introduction d’un tel système électoral obtienne un consensus plus large. Également, il importe au gouvernement que les effets des changements évoqués précédemment soient, avant même que nous allions plus loin dans le processus législatif, connus et analysés par une instance dont l’indépendance et l’objectivité ne peuvent être remises en cause. Dans ce contexte, il paraît approprié que le gouvernement consulte le Directeur général des élections, comme le permet la Loi électorale, afin d’obtenir son avis, dans un délai de six mois, sur les effets liés aux constats évoqués précédemment, soit : l’attribution des sièges de région calculée sur la base des régions administratives, et non plus de districts regroupant des circonscriptions contiguës; des listes régionales de candidats des partis politiques établies en fonction de l’alternance femmes-hommes; l’interdiction de la double candidature; l’utilisation de deux votes plutôt qu’un vote et l’introduction de mesures financières incitatives qui s’appliquent aux élus seulement et non plus aux candidats et candidates. Par le fait même, le Directeur général des élections du Québec sera invité à soumettre, à titre indicatif, des hypothèses de cartes électorales, afin que les parlementaires et la population comprennent mieux les effets des changements envisagés sur le territoire, notamment au regard de la délimitation de circonscriptions électorales et du maintien du poids de la représentation des régions à l’Assemblée nationale. Monsieur le Président, l’implantation d’un système proportionnel mixte suppose la présence sur un même territoire de députés de circonscription et de députés de région. Plusieurs se demandent quels seront les effets concrets de cette cohabitation de deux types de députés sur le rôle des élus et sur leurs relations avec leurs commettants. Afin de donner des réponses tangibles à ces questions, le gouvernement veillera à ce que soit formé un groupe de travail de parlementaires chargé d’analyser les modifications qui pourraient être apportées, le cas échéant, aux rôles et responsabilités des députés de circonscription et de ceux des régions, à l’organisation de leurs travaux, ainsi qu’aux ressources qui devraient leur être allouées afin qu’ils puissent s’acquitter efficacement de leurs responsabilités. Ce groupe pourra, au besoin, s’inspirer de ce qui se fait dans d’autres législatures, en particulier en Écosse où les parlementaires se sont dotés d’un guide à cet effet. L’opposition officielle et l’ADQ sont invités à participer à ce groupe selon des modalités à convenir avec ces formations. Les recommandations du Directeur général des élections et du groupe de députés seront déposées à l’Assemblée nationale. Bien entendu, dans cet esprit d'ouverture qui a toujours caractérisé l'attitude du gouvernement du Québec dans ses travaux sur la Loi électorale, le Directeur général des élections et les parlementaires pourront proposer au gouvernement toute autre suggestion ou modalité qui leur semble appropriée afin d'atteindre l'objectif d’une Assemblée nationale qui représente mieux la diversité des opinions politiques et les volontés de l’électorat québécois. Les parlementaires et la population du Québec bénéficieront ainsi d’une information supplémentaire, précise et à jour pour bien juger de la valeur et des effets des modifications souhaitées par les intervenants qui se sont exprimés sur la question au cours des derniers mois. Je vous remercie, Monsieur le Président! |
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Mise en ligne : 13 décembre 2006 |